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Avec l’aide du vieux cadastre de la seigneurie de Pormort , datant des alentours des années 1700, nous publions depuis janvier 2005 dans le Journal de Port-Mort, une partie de celui-ci, quartier par quartier, ainsi que son histoire. Certain d’entre vous pourrons peut-être y reconnaître leur maison...

Retrouvez-ici tous ces articles ainsi que les documents les illustrant :

N°1 : Rue Pointe-Mulle et Rue du Port [JPM N°.31-01/05]
N°2 : Châteauneuf [JPM N°32-04/05]
N°3 : Le Mesnil [JPM N°33-04/05]
N°4 : La Mi-Voie [JPM N°34-10/05]
N°5 : La ferme du Thuit [JPM N°35-01/06]
À venir : N°6 : La Haguerite [JPM N°36-04/06]

Une rubrique proposée par Christian Lordi


 

N°1 : Rue Pointe-Mulle et Rue du Port [JPM N°.31-01/05]

» Extrait du cadastre

Nous commençons par la rue Pointe-Mulle et la rue du Port.
Ce qui a changé :
La ruelle Pointemule est devenue la rue Pointe-Mulle, la rue du Montier a pris le nom de rue du Port et la rue de Pormort à Vernon s’appelle maintenant la Grande Rue.
Ce qui a disparu :
L’église située dans le cimetière : elle fut vendue aux enchères en 1875, adjugée pour un montant représentant le salaire annuel de l’employé de la voirie municipale de l’époque. Cette vente provoqua des protestations et même une pétition de la part d’une partie de villageois pormortais.
Du vicariat situé rue du port face au cimetière, il ne reste que des ruines.
Sur le plan nous pouvons voir des constructions à l’intersection de la sente des vieilles et de la rue Pointe-Mulle, qui ont maintenant disparues. Elles appartenaient, à l’époque, à Thomas GUERIN et Noël VIVIEN.
Dans ce qui est encore présent, l’ancien presbytère, confisqué au profit de la commune à la révolution, il fut offert par l’empereur Napoléon Bonaparte à un général d’empire pour bons et loyaux services. Il repris à nouveau son rôle de presbytère un peu plus tard par le don de celui-ci fait par Mme De HAUTERRE. Il servit à la même époque d’école communale. Par la suite, Port-mort s’étant doté d’une école communale à côté de la place de la maison de village, le presbytère retomba dans le domaine privé.
D’autre reconnaîtront peut-être des maisons le long de la Grande Rue, permettant ainsi de compléter leur histoire.


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N°2 : Châteauneuf [JPM N°32-04/05]

» Extrait du cadastre

Nous continuons avec l’aide du vieux cadastre de la seigneurie de Pormort (Ca 1700), la visite de notre village. Dans ce numéro nous nous arrêterons sur le hameau de châteauneuf, un vieil hameau que nous retrouvons cité dans l’histoire de notre pays.
Le fief de Châteauneuf comprenait le hameau et l’église de Saint-Martin-de-Châteauneuf. Celle-ci datait du XIIème siècle, construite vers 1100. Lorsque Richard Cœur de Lion fit construire le château de Boutavent sur une île de la Seine, dite île de la Tour, entre Bouafles et Tosny, fort de protection avancée du Château Gaillard, Philippe Auguste construisit, à Port-Mort territoire anglais dont il avait pris possession, un petit fort élevé et nommé Châteauneuf. Il avait fait aussi construire dans l’île aux bœufs, côté français, un fort dont on peut encore voir des trâces de soubassement. Le fort de Châteauneuf reposait sur la pointe de la roque, nous pouvons encore deviner des parties des murs (Voir carte postale). Sous ce fort était construite l’église Saint-Martin. Cette église, en mai 1200, fut le théâtre d’un événement historique, la célébration du mariage de Blanche de Castille avec le futur roi Louis VIII, fils de Philippe Auguste. Le mariage ne pouvant avoir lieu en France, car Philippe Auguste, veuf de sa première femme, avait répudié sa seconde 48 heures après son mariage, ce qui avait déclenché la colère du Pape Innocent III qui avait lancé un interdit sur tout le royaume de France. A cette époque Port-Mort étant en terre anglaise et près de la frontière délimitée par la Seine, l’église Saint Martin de Châteauneuf appartenant depuis 1180 aux religieux de Mortemer qui dépendaient de l’Archevêché de Rouen fut choisie pour célébrer cette union.
En mars 1319 Philippe le Long Sieur de Châteauneuf céda aux religieux de Mortemer tout ce qu’il possédait dans la vallée de Port-Mort, ainsi que le passage de la Garenne (bac), vous pouvez voir sur l’extrait du vieux cadastre au bout de la ruelle Maillot la guérite du passeur. Ce fief relevait toujours de l’Abbaye de Mortemer au XVIIIème siècle.
En ce qui concerne les chemins et les routes peu de chose ont changé. On peut noter la déviation de la route de Vernon aux Andelys, dont un morceau est devenu la rue de la vieille côte (voir carte postale). La ruelle du four a disparu, devenue privée. Le chemin de la ravine a pris le nom de rue du Château, la rue de Châteauneuf s’est agrandie jusqu’au carrefour de la Grande Rue et a vu la disparition du pont qui reliait le parc de Château au jardin des châtelains (voir carte postale). Disparu aussi, le port à marchandises du Passage de Pormort à Notre Dame de la Garenne, situé le long de la Seine à droite au bout de la ruelle Maillot.
Pour la curiosité, la propriété à l’angle de la rue de Châteauneuf, maison de la famille Alland, était à l’époque une boulangerie et une auberge.
Sur ce vieux cadastre beaucoup retrouveront leur maison actuelle ou morceau de celle-ci. Certains y retrouveront les noms de leurs ancêtres, Hagneaux, Quesnay, Lohy, Fauquet, … Je laisse chacun poursuivre ses recherches.


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N°3 : Le Mesnil [JPM N°33-04/05]

» Extrait du cadastre

Dans ce numéro pour coller à l’événement et à l’occasion de la deuxième édition du Jump’Eure , j’ai choisi de vous parlé du Mesnil.
Comme vous pouvez le voir sur la carte, peu de choses ont changé dans cette région de Port-Mort. Quelques chemins et le moulin à vent ont disparu. Celui-ci a d’ailleurs donné le nom au lieu dit .
Pour éclairer son emplacement, il était situé sur le bord du chemin de terre qui va du Mesnil à Pressagny le Val, à l’interception avec un chemin qui se prolongeait tout droit à la sortie de Port-Mort direction Vernon, au niveau du faux virage. Ce chemin passait derrière la maison (qui n’existait pas ) où se situe actuellement l’élevage canin et se dirigeait vers l’église de Notre Dame de l’Isle. Notre Dame de l’Isle relevait à l’époque des fiefs de l’Isle et portait soit le nom de Pressagny de l’Isle ou simplement l’Isle. D’ailleurs à l’époque Mérovingienne les trois Pressagny ne faisaient qu’un seul territoire.
Après ce petit encarté revenons à notre Mesnil. Peu de changement dans cette vieille demeure, la forme de l’ enceinte est inchangée, quelques constructions se sont rajoutées comme par exemple les écuries en entrant sur la gauche. Nous allons donc voir peut-être un peu plus ce que l’on sait au niveau historique de cette bâtisse.
Sa forme d’allure monastique, a amené l’hypothèse d’y localiser l’existence probable d’une abbaye bénédictine du VIIè siècle. Cette occupation en définitive n’est pas absolument prouvé. Le nom du Mesnil provient de la famille du Mesnil Hébert qui établit au XIIè siècle le fief du Mesnil-Hébert a cet endroit. Peut-être que celui-ci fut rebâti sur les restes de l’ancienne abbaye ? Par la suite, au environ de 1300, la famille du Mesnil-Hébert prit le nom de « de Villiers », à cette époque les seigneurs pouvaient changer de nom en fonction de leurs possessions. En 1349, Jean de Villiers était le seigneur du Mesnil-Hébert, son fils se prénommait Robert. En 1419, à la faveur de la guerre de 100ans il fut dépouillé de son bien par un anglais nommé Sir Thomas Merton. Ce fief fut repris par son petit fils Pierre de Villiers en 1456.
Le 5 juillet 1536, Pierre Caren Seigneur du Mesnil-Hébert y fonda une chapelle dite de Saint Laurent.
En 1728, le Mesnil appartenait à Elie Raymond de Padoue, puis en 1777 à la famille Jubert de Bouville seigneur de Port-Mort.
A la révolution les droits seigneuriaux furent abolis et ces biens devirent privés. Quelques lustres plus tard, M Terninck y installa un haras, qui connut ses heures de gloire avec le cheval Seabird.
Actuellement la propriété de M et Mme Godignon, le Mesnil est à nouveau à l’affiche grâce à la rencontre de jumping international Jump’Eure.

 

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N°4 : La Mi-Voie [JPM N°34-10/05]

» Extrait N°1 du cadastre
» Extrait N°2 du cadastre

Ce quartier en longueur était vers 1730 construit en deux points précis, vers le CR 4 le lieu-dit l’Amivoye et le second vers la grande rue le lieu-dit le Courtil Bouret. Entre ces deux lieux-dits n’existait aucune habitation ou construction.
La rue de la Mi-Voie actuelle s’appelait, de la grande rue au carrefour de la rue Delamotte, «La rue allant à la voye du Thuit» et, du carrefour vers le CR 4 jusqu’au Thuit, «La voye du Thuit». La rue Delamotte se nommait «La rue du Bosc» et la rue de Pressagny «Chemin de la rue du Bosc à Pressagny-le-Val» et le CR4 se dénommait «La sente du coq ou chemin de Pressagny-le-Val».
Beaucoup de ces anciennes constructions existent encore actuellement, d’autres comme celle située au carrefour de la rue de Pressagny ont totalement disparues.
Le mystère reste l’évolution de l’orthographe de la Mi-Voie. L’actuelle peut être comprise comme un lieu à mi-route. Par contre les écrits plus anciens sont plus tourné vers l’Amivoye (1730), voir aussi l’Ami-Voye (1680). La mie-voye apparaît vers la révolution. On ne trouve pas d’explication vers les anciens seigneurs du fief d’abord le Famille d’Assy ensuite la famille Chaumont en Vexin descendant des Capétiens.
Dans le vieux français «mie» a deux sens :
Le premier celui d’ami, de «ma mie» mot médiéval souvent usité jusqu’au XVIIe et XVIIIe siècle comme terme enfantin pour désigner une gouvernante.
Le second, du latin «mica» - miette, morceau de terre, parcelle, est sûrement plus représentatif et nous donnerait «la voie des parcelles» ; le pourtour du quartier étant au Moyen Âge composé de parcelles de vignes peu larges et en longueur, cela peut paraître plausible.
Mais ce n’est qu’une théorie possible, à vous de juger…

 

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N°5 : La ferme du Thuit [JPM N°35-01/06]

» Extrait du cadastre

Contrairement aux autres quartiers parcourus dans les précédents numéros, cette fois-ci peu de maisons à reconnaître : seulement la ferme du Thuit.
Par contre on peut encore admirer sur l’extrait du vieux cadastre, la géométrie des rangées du Thuit, aujourd’hui disparues.
Ces rangées étaient sûrement les restes de l’accès du domaine du Thuit. Sur la carte de Cassini nous pouvons voir que les accès sur Port-Mort étaient pour la plupart tournés vers le plateau. L'arrivée du Thuit était orientée vers Hennezis, tout comme les rangées du Thuit.
Le thuit ou le Thuis, orthographe avant le XIXème siècle, était un fief de Port-Mort qui a appartenu à une riche et puissante famille normande les De Croismare. On peut trouver deux autres variantes de ce nom De Croimare ou De Croixmare. Nous trouvons des écrits faisant référence à ce domaine dans les année 1203 où Raoul du Thuis était le seigneur de ce fief.
La référence à la famille de Croismare apparaît vers les années 1520 : mariage de René de Port-Mort de Croismare avec Anne Roussel Dame de Port-Mort. Deux fils Charles et Claude, le second sera tué à Ivry la Bataille en 1590. Le premier épouse Anne Jubert en 1550 et succède à son père en 1590. En 1597, Il lève une armée de 200 hommes d’armes dont il était le capitaine ( dit le capitaine St-Jean) et qu’il employa pour le service du roi Henri IV au siège d’Amiens. Il décède en 1623, laissant le Thuit à son fils Pierre, conseiller du roi, vicomte de Vernon. Suivent Henri (1631), puis Jacques (1666). C’est après cette époque que la ferme du Thuis se retrouve rattachée aux biens du châtelain de Port-Mort, Jubert de Bouville.

 

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